Le grand requin blanc est sans doute le plus connu de tous les squales.
Il passe souvent pour le plus monstrueux des poissons sillonant les mers du planisphère.
Pourtant, cet animal fascinant est bien loin de correspondre aux fantasmes et aux visions cauchemardesques véhiculés par le lieu commun. En particulier, le succès du livre "Jaws" mais surtout le succès de son adaptation cinématographique ont largement contribué à la répulsion des gens à l'égard de ce seigneur des mers.
Certes, le requin blanc est un animal dangereux.
Mais il ne l'est pas plus qu'un tigre ou un lion pour un homme sans défense. Imaginez-vous courant dans la savane avec des bottes plombées, vous êtes alors une proie facile pour le lion. Il en va de même pour un requin à l'égard duquel vous ne faites pas preuve d'une grande vivacité.
En réalité, les attaques du grand blanc sont relativement peu nombreuses.
On accuse le requin blanc de beaucoup d'attaques sur les baigneurs, mais à vrai dire l'identification de l'espèce du requin qui attaque est délicate. Or beaucoup d'attaques interviennent dans des eaux tropicales où les grands blancs apparaissent rarement (ayant une repartition assez septentrionale).
Il faut plutôt attribuer ces attaques à des requins du type requin tigre ou requin bouledogue, communs sous les tropiques et connus pour leur agressivité.
Ajoutons à la décharge du grand blanc, que celui-ci attaque le plus souvent par méprise et que le nombre d'attaques mortelles se révèle relativement faible.
En effet, durant les 53 dernières années, on a répertorié, le long des côtes de la Californie et de l'Orégon, quelques 33 attaques de grand requin blanc dont 4 seulement ont été fatales. Surtout, dans chaque cas, la victime ne fût pas dévorée mais seulement mordue. La morsure ayant entraînée une hémorragie fatale.
L'explication : les requins blancs mordent les hommes par mégarde avant de se retirer, ou alors mordent en infligeant une importante blessure et se retirent en attendant l'affaiblissement de la victime.
De plus, le requin blanc est dominé par son instinct et attaque sans faire preuve d'un quelconque sentiment de méchanceté, étant d'ailleurs bien incapable de ressentir un tel sentiment.
En comparaison, un chat est beaucoup plus cruel qu'un grand requin blanc. A l'inverse du grand blanc, le chat joue avec sa proie, parfois pendant plusieurs heures, avant de la tuer.
Voilà ce que dit Jean-Michel Cousteau au sujet du grand blanc :"Pour les nageurs restant en surface, c'est une silhouette terrifiante ; pour les pêcheurs sportifs, un adversaire féroce. Mais le grand requin blanc apparaît aux plongeurs dans sa réalité la plus commune : celle d'un immense poisson aux formes élégantes et aux mouvements gracieux, un monarque silencieux dans son royaume liquide".
Le requin blanc peut dans certaines circonstances se montrer relativement intelligent. Sur cette photo le requin blanc accepte le poisson qui lui est tendu sans tenter de mordre la main qui le tient. Biensûr, il ne s'agit pas là de l'intelligence développée par les mammifères, mais on peut y voir un certaine capacité à s'adapter aux situations.